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Un roman exceptionnel. Découvrez comment ces femmes admirables, qui pratiquent la pêche en apnée sur une île coréenne, ont surmonté les épreuves du temps.
Note : 5/5
Certains romans vous prennent par surprise, vous secouent, vous bouleversent. Ils sont exceptionnels. C’est le cas de cette « Île des Femmes de la Mer », de Lisa See, auteure américaine d’origine chinoise. Il existe une île coréenne, Jeju, où les femmes pratiquent, de génération en génération, la pêche en apnée, en toutes saisons et à des profondeurs qui défient l’entendement. Elles y font preuve d’une bravoure admirable mais aussi d’une solidarité exemplaire.
« Quand nous allons à la mer, nous partageons le travail et les dangers », raconte l’une d’elles. « Nous récoltons ensemble, trions ensemble et vendons ensemble, car la mer elle-même est notre bien commun. » Elles assument ainsi une entière responsabilité sur leurs familles et sur leur collectivité, ce qui réduit les hommes aux utilités, ceux qui en profitent pour s’enivrer étant plus nombreux que ceux qui s’occupent des enfants. « Malgré tout mon amour et mon respect pour lui, il n’était qu’un homme et n’avait pas d’aussi grandes préoccupations que moi », admet l’une des protagonistes.
Une profonde admiration
D’abord intrigué par ces femmes qui n’ont nul besoin de s’affubler des oripeaux du féminisme médiatique contemporain pour affirmer leur primat, on ne tarde pas à leur vouer une profonde admiration. D’autant que le récit de Lisa See souligne les épreuves et les souffrances qu’elles ont eu à surmonter, des années 30 à nos jours, dans une Corée livrée à l’occupation japonaise, puis à une dictature militaire imposée par les Américains et se livrant à d’abominables massacres, avant que le pays soit brisé en deux entre le nord et le sud.
Lisa See évoque cela en prenant appui sur l’amitié de deux de ces femmes, fil rouge de leurs existences héroïques, en dépit d’une tragique rupture imposée par les circonstances. Et c’est sur le témoignage de l’une des deux que son roman est construit. L’auteur adopte donc un style simple, juste, factuel, ce qui le rend tellement humain et bien souvent déchirant. Comment ne pas admirer ces femmes qui nous sont pourtant si éloignées ? Louons Lisa See de les avoir ainsi saluées. Si vous ne lisez qu’un roman cet été, ce pourrait être celui-là. Il le mérite.
« L’Île des femmes de la mer », de Lisa See. Traduit de l’anglais par Samuel Sfez. Pygmalion éditeur. 20,90 €.
July 26, 2020 at 02:00PM
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Des mots et des livres : l’Île des femmes de la mer - Le Télégramme
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